À l’Assemblée nationale, un hommage franco-chinois à Robert Jacquinot de Besange

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Le 27 novembre, l’Assemblée nationale a rendu hommage à Robert Jacquinot de Besange, le jésuite français qui protégea 300 000 civils à Shanghai en 1937, rappelant la profondeur historique des liens entre la France et la Chine.

Le 27 novembre 2025, l’Assemblée nationale a accueilli un colloque consacré à Robert Jacquinot de Besange, jésuite français qui organisa en 1937, durant la bataille de Shanghai, une zone de sécurité permettant de protéger environ 300 000 civils. Plus de deux cents invités français et chinois étaient présents. Tous ont salué l’action du jésuite français, dont l’œuvre humanitaire reste méconnue en France mais occupe une place importante dans la mémoire chinoise.

L’événement était organisé par l’association des amis de Wu Jianmin, en partenariat avec le groupe d’amitié France–Chine de l’Assemblée nationale et la fondation Prospective et Innovation. Les organisateurs ont rappelé que l’amitié franco-chinoise s’est construite au fil de plus d’un siècle d’échanges humains, marqués notamment par l’arrivée de 140 000 travailleurs chinois en France pendant la Première Guerre mondiale et par le mouvement des étudiants-travailleurs chinois entre 1919 et 1925.

Xu Bo, président de l’association des amis de Wu Jianmin

Ouvrant le colloque, Xu Bo, président de l’association des amis de Wu Jianmin, a déclaré que « les années ont passé, mais les Chinois n’ont jamais oublié celui qui a sauvé des centaines de milliers de vies ». L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a, lui aussi, insisté sur l’importance de transmettre : « Lorsqu’un homme contribue à sauver 300 000 personnes, il ne suffit pas de saluer son geste. Il faut raconter son histoire, pour que son intuition humanitaire continue d’inspirer dans un monde traversé par les conflits. » Le président du groupe d’amitié France–Chine, le député du groupe Renaissance Sylvain Maillard, a souligné que l’exemple du père Jacquinot rappelle que « chaque acte de courage peut devenir une force de paix ».

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin

Les échanges ont permis d’évoquer de nouveaux projets, dont le projet « Oasis » : un programme d’échanges réguliers entre lycéens français et chinois, visant à renforcer la culture de paix entre jeunes générations. Il débutera dès l’été 2026 avec l’envoi en Chine de 100 lycéens français qui iront visiter l’ancienne zone de sécurité mise en place par Jacquinot. Le programme veut sensibiliser les élèves aux violences qui ont marqué la guerre de résistance chinoise contre l’invasion japonaise. Ces élèves seront sélectionnés sur recommandation de l’association France Chine Asie éducation qui regroupe les chefs d’établissements français impliqués dans l’enseignement du chinois. L’association est présidée par Pierre de Panafieu, directeur de l’École alsacienne, qui s’est aussi exprimé à cette occasion.

Le président du groupe d’amitié France–Chine et député du groupe Renaissance Sylvain Maillard

D’autres pistes ont été présentées, notamment une recherche destinée à retrouver les descendants des réfugiés sauvés en 1937. En 2027, une série de commémorations devrait être aussi organisée à Shanghai pour le 90ᵉ anniversaire de la bataille. Enfin, des échanges entre artistes ont appelé à constituer une production cinématographique commémorative sino-française mettant en scène le destin particulier du père Jacquinot.

Les organisateurs estiment que la mémoire du père Jacquinot offre un récit commun permettant aux deux pays de maintenir un dialogue ancré dans l’expérience humaine et non seulement dans la diplomatie.


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