Après cinq ans de travaux, le Musée du Palais de Hong Kong a officiellement ouvert ses portes
À l'occasion du 25e anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, le Musée du Palais de Hong Kong (HKPM, Hong Kong Palace Museum), en préparation depuis de nombreuses années, a ouvert ses portes le 3 juillet, apportant une richesse supplémentaire à une culture déjà florissante de Hong Kong, à l’intersection de l’Orient et de l’Occident. Dans une interview exclusive accordée à China News, le Professeur Wu Zhihua, directeur du Musée du Palais de Hong Kong, explique la mission du nouveau musée et la valeur culturelle de son existence à Hong Kong.
Quels types de préparatifs en termes de construction et d’exposition a connu le Musée du Palais ? Que représente l’ouverture d’un tel musée pour Hong Kong ?
La construction du Musée du Palais de Hong Kong a été signée en coopération avec West Kowloon Cultural District le 29 juin 2017 en présence du président Xi Jinping. Nous avons travaillé sur la conception et la construction du bâtiment, puis la planification des expositions ainsi que le développement futur du musée.
Il faut savoir que le Musée du Palais de Hong Kong n'est pas une branche du Musée du Palais de Pékin, et il est également différent du Musée du Palais de Taipei. Nous espérons promouvoir le développement des activités culturelles et ainsi intégrer le développement culturel de Hong Kong dans un développement culturel national. Nous œuvrons pour faire de Hong Kong un lieu de diffusion de la culture traditionnelle chinoise et un centre d’échanges culturel et artistique entre la Chine et le reste du monde.
Quelles relations historiques entretiennent le Musée du Palais de Hong Kong et celui de Pékin ? Quels sont les éléments locaux que l’on retrouve dans le nouveau musée ?
Hong Kong entretient une longue histoire avec la Cité Interdite. Dans les années 1950 sont apparues, sur le marché aux enchères de Hong Kong, certaines reliques culturelles disparues de la Cité interdite vers la fin de la dynastie Qing. Un groupe de collectionneurs à Hong Kong s’est porté volontaire pour coordonner le retour de ces trésors nationaux. Certains de ces collectionneurs ont rassemblé de nombreuses reliques chinoises entre les années 1950 et 1970, qu’ils n’ont jamais voulu revendre. Beaucoup voulaient protéger ces trésors anciens pour la préservation de la culture traditionnelle chinoise. Plus tard, certains ont fait don de leurs collections au Musée du Palais de Pékin. L'une de nos expositions inaugurales présentera précisément l’histoire de ces collectionneurs, donateurs et certaines pièces ramenées de la capitale.
Bien que Hong Kong ait été gouvernée par le Royaume-Uni pendant plus de 150 ans, de nombreux Hongkongais ont à cœur de contribuer et de servir la mère patrie et de ce point de vue, la création du Musée du Palais de Hong Kong en est une conséquence directe de l’Histoire.
En outre, le Musée du Palais de Pékin nous a été d’un grand soutien. Il ne s’agit pas seulement d’une coopération stratégique entre les deux musées mais davantage d’une relation de fraternité. La Cité interdite a beaucoup investi en main d'œuvre et en ressources matérielles, et nous avons travaillé main dans la main dans l’objectif de mieux diffuser la culture chinoise dans le monde.
Géographiquement et architecturalement, le Musée du Palais de Pékin est dominé par les hauts murs rouges de la Cité interdite tandis que le musée de Hong Kong, situé sur le front de mer de la baie Victoria, donne sur le bleu de l’océan. Le musée a été conçu comme un espace ouvert vers l’extérieur, et puise son inspiration dans la Cité interdite en créant trois atriums tridimensionnels et interconnectés. Le plafond central est conçu avec des matériaux modernes en aluminium, à la fois similaires mais différents des carreaux émaillés anciens, résultat de la fusion d'éléments architecturaux traditionnels et d'une expression de la modernité. Ainsi, les reliques de la Cité Interdite côtoient le paysage urbain et côtier de Hong Kong, procurant une expérience insolite aux visiteurs. L’ensemble du pavillon du musée a été pensé pour harmoniser avec les caractéristiques du paysage de Hong Kong.
Quels sont les charmes des reliques culturelles pour vous ? Comment peut-on optimiser la valeur historique des anciennes reliques dans une ville moderne et internationale telle que Hong Kong ? Quels sont les nouveaux espaces de diffusion possibles ?
Pour moi, les valeurs des reliques culturelles sont de trois ordres. Premièrement, elles ont une valeur historique : de nombreuses reliques culturelles reflètent l’évolution de la civilisation chinoise sur cinq mille ans. Les reliques ne témoignent pas seulement des époques d’un temps révolu, mais également de l'histoire sociale et économique de ces époques. Deuxièmement, elles ont une valeur artistique : la raison pour laquelle les peintures des dynasties Tang et Song sont si célèbres et encore étudiées aujourd’hui, c’est parce que la beauté de l’art survit au temps. Et troisièmement, elles ont une valeur affective : pouvoir palper l’histoire plurimillénaire d’un pays grâce aux reliques permet de renforcer la conscience historique du peuple et améliorer notre confiance culturelle.
En cela, Hong Kong se trouve à une intersection. C’est un lieu d'échanges et de mixité des cultures chinoise et occidentale. Les techniques et les expressions artistiques des chercheurs, conservateurs et artistes de Hong Kong puisent leurs inspirations à la fois dans les éléments occidentaux et les éléments traditionnels chinois. Nous travaillons aussi bien avec des collaborateurs de style traditionnel que révolutionnaire, à l’instar de l’artiste Hongkongais Huang Bingpei (Stanley Wong alias Another Mountain Man) qui présente les artefacts de la Cité Interdite sous un nouveau jour. En effet, Huang Bingpei est très doué pour exprimer la culture traditionnelle avec des méthodes modernes, et les reliques culturelles, sous ses mains expertes, inspirent de nouvelles émotions.
Par ailleurs, nous avons également invité six jeunes artistes à créer des expositions multimédias en se basant sur la Cité Interdite. Certains d'entre eux utilisent par exemple des haut-parleurs modernes pour présenter la musique de la Cité Interdite, tandis que d’autres utilisent la peinture traditionnelle chinoise pour interpréter les principes mécaniques des horloges. Ce sont ces liens entre le traditionnel et le moderne, issus du regard de Hong Kong sur les caractéristiques de la Cité Interdite qui rendent notre lieu unique. J'espère que le public pourra trouver une expérience différente ici par rapport à la Cité interdite de Pékin ou le Musée du Palais de Taipei.
Cet article a été initialement publié en chinois sur Chinanews.com.cn
Photos : site officiel de Hong Kong Palace Museum
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