[Entretien] La restauration du patrimoine : un enjeu mondial qui rassemble la France et la Chine

1745310608067 China News Wang Liwen

La France et la Chine ont établi une collaboration fructueuse dans le domaine de l'archéologie depuis plusieurs décennies. Dans un entretien accordé à China News, Rose-Marie Mousseaux, directrice du Musée d'Archéologie nationale de France, souligne que les musées, en tant que lieux de partage et de transmission, jouent un rôle clé dans cette coopération internationale.

Depuis les années 1990, la France et la Chine mènent des projets communs en archéologie. Les deux pays s’inspirent mutuellement sur le plan technique tout en favorisant une meilleure compréhension entre civilisations grâce aux échanges. Pourquoi la restauration et la protection du patrimoine culturel nécessitent-elles des collaborations internationales ? En quoi la France et la Chine se complètent-elles dans la préservation du patrimoine et la recherche archéologique ? Comment les musées servent-ils de ponts pour les échanges interculturels ? Entretien avec Rose-Marie Mousseaux, directrice du Musée d'Archéologie nationale et du domaine national de Saint-Germain-en-Laye.


Dans quelle mesure les échanges internationaux sont-ils essentiels à la restauration du patrimoine culturel et à la compréhension des différentes civilisations ?

Chaque pays possède sa propre approche et interprétation du travail archéologique, avec des réglementations variées. Pourtant, tous partagent un objectif commun : rassembler les vestiges et les transmettre aux générations futures. Nous avons souvent tendance à considérer la restauration du patrimoine culturel sous un prisme unique, alors que les échanges internationaux enrichissent notre compréhension des méthodes d’excavation et de conservation. Grâce au partage d’expériences, les nations peuvent dépasser une vision uniforme et adopter une approche intégrée. Cela favorise non seulement une complémentarité dans la restauration du patrimoine, mais permet aussi d’identifier, à travers la mise en pratique de différentes techniques, celles qui pourraient compromettre la conservation du patrimoine culturel.

Dans quelle mesure la France et la Chine peuvent-elles se compléter dans la protection du patrimoine culturel et la recherche archéologique afin de faire des musées des ponts culturels dans les échanges internationaux ?

Depuis les années 1990, les technologies numériques sont largement utilisées dans le domaine de l'archéologie. Avec les avancées technologiques, il devient plus facile d’accéder à des données multidimensionnelles. La technologie joue un rôle essentiel dans la préservation archéologique, permettant de dépasser les limites de l’observation à l’œil nu, de créer des jumeaux numériques des artefacts et d’analyser leur époque, leurs dimensions ainsi que l’évolution de leurs caractéristiques au fil du temps.

Aujourd’hui, la préservation du patrimoine muséal ne se limite plus uniquement à l’aspect matériel, mais requiert également une protection numérique. Cependant, l’usage des technologies numériques dans ce domaine fait face à trois défis majeurs : la conservation des données, l’interopérabilité des ressources et la compréhension du public. Par exemple, chaque pays utilise des méthodes et des technologies numériques différentes. Même en France, les acteurs impliqués peuvent adopter des approches variées quant à l’acquisition et à l’exploitation des ressources numériques.

Ainsi, une coopération entre la France et la Chine dans ces trois domaines - conservation des données, interopérabilité des ressources et sensibilisation du public - permettrait de réaliser des avancées significatives dans la protection numérique du patrimoine. Elle favoriserait également le développement des recherches archéologiques et muséales. Ensemble, les deux pays pourraient assurer une meilleure préservation des ressources numériques et transmettre avec précision les connaissances au public, contribuant ainsi à une transmission plus efficace du patrimoine culturel.


Dans quelle mesure les images et les dossiers visuels peuvent-ils aider le grand public à comprendre et apprécier l’archéologie ?

Les images et les dossiers visuels jouent un rôle essentiel dans l’interprétation des reliques, véritables symboles culturels. Leur analyse et leur utilisation permettent également de montrer comment une culture nationale peut s’exporter à travers le monde et tisser des liens avec d'autres peuples.

Avec près de trois millions d'objets archéologiques, le Musée d'Archéologie nationale de France explore, depuis sa fondation, il y a plus d’un siècle, la valeur des supports visuels. Afin de permettre aux visiteurs issus de différentes cultures de saisir toute la richesse des objets exposés, les musées mènent des recherches approfondies et développent des interprétations variées dans leurs expositions. Cela inclut la présentation du contexte de fouille des artefacts ainsi que la création de nouvelles représentations visuelles à travers des illustrations et des textes générés à partir des objets découverts.

Article traduit du chinois, initialement publié sur Chinanews.com.cn


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