Résistance chinoise de la Seconde Guerre mondiale : sur les traces des Chinois de France engagés contre le fascisme
Une première étape s’impose au 184 boulevard Saint-Germain à Paris, où se trouve le siège historique de la Société de Géographie française. C’est ici qu’en septembre 1936 fut créée l’Association unie des Chinois d’Europe pour la résistance nationale.
Malgré les 80 années écoulées et les rénovations successives, le bâtiment conserve son cachet d’origine et témoigne encore de l’élan patriotique qui animait alors la communauté chinoise.
La Société de Géographie française au 184 boulevard
Saint-Germain à Paris ©
Li Yang / CNS
Le rôle clé des communautés chinoises d’Europe
Pour Ye Xingqiu, président de l’Association des annales chinoises d’Europe en France, la France occupait une place centrale : « Dans les années 1930, alors que le Japon intensifiait son invasion de la Chine, les communautés chinoises d’Europe – et en particulier de France – ont manifesté une solidarité sans précédent. »
L’« Association unie » réunissait des associations venues d’Allemagne, des Pays-Bas, de Suisse ou encore du Royaume-Uni, sans distinction de parti, de classe ou de religion. Des figures connues, comme Tao Xingzhi, Qian Junrui ou Chen Mingshu, y apportèrent leur soutien, tout comme de nombreux patriotes chinois résidant en Europe et des amis français.
La presse chinoise de l’époque : un témoin direct
Parmi les archives précieusement conservées à
Paris, on trouve les copies du Jiuguo
Shibao
Les pages du journal publiaient également des articles signés par des dirigeants du Parti communiste chinois dont Mao Zedong, Zhou Enlai ou Deng Xiaoping, permettant aux lecteurs en Chine et à l’étranger de mieux comprendre la stratégie de résistance menée par le PCC.
Premier numéro de Jiuguo Shibao © Li Yang / CNS
« Ce journal a joué un rôle essentiel dans la diffusion des idées de résistance et dans la consolidation du front antifasciste international », explique Zhong Cheng, président de Guang Hua cultures et média et directeur de publication de Nouvelles d’Europe.
Imprimé à Paris grâce à des ateliers équipés de caractères chinois importés depuis Shanghai, Jiuguo Shibao parvint à publier 152 numéros entre 1935 et 1938, malgré des difficultés financières constantes. Après son arrêt, d’autres titres prirent le relais, dont le Bulletin de la Résistance nationale, jusqu’à l’occupation de Paris par l’Allemagne nazie en juin 1940.
Photos publiées dans Jiuguo Shibao exposant les atrocités commises
par l'armée japonaise pendant la guerre sino-japonaise © Li Yang / CNS
Un héritage qui résonne encore aujourd’hui
Si l’« Association unie » et la presse militante ont fini par s’éteindre avec la guerre, l’élan patriotique des Chinois de France est resté intact. Certains rejoignirent directement la lutte antifasciste sur le sol français, tandis que d’autres retournèrent en Chine pour combattre.
Les archives conservées en France – journaux, documents de collecte de fonds, poèmes et témoignages – rappellent aujourd’hui encore la contribution déterminante de la diaspora chinoise d’Europe aux efforts de lutte antifasciste et à la solidarité internationale.
Article traduit du chinois, initialement publié sur Chinanews.com.cn.
Photo du haut : équipe de la rédaction chinoise de Jiuguo Shibao et les employés de l’imprimerie dont plusieurs membres de la famille Caron © Famille Caron
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