George Hogg : l’idéaliste anglais qui a marché aux côtés de la Chine en guerre
D’Oxford aux confins de la Chine
Né en 1915 à Harpenden (Hertfordshire), George Hogg étudie à St George’s School puis à Wadham College, Oxford. Animé par une soif d’aventure et de sens, il convainc ses parents de financer un voyage autour du monde qui le mène des États-Unis au Japon, puis en Chine, accompagné de sa tante, la pacifiste Muriel Lester.
Un pédagogue au grand cœur
Il arrive à Shanghai début 1938, pensant n’y passer que peu de temps. Mais face aux souffrances infligées par l’invasion japonaise, il décide de rester. Refusant d’être spectateur, il s’engage auprès de l’activiste néo-zélandais Rewi Alley et rejoint le mouvement coopératif Gung Ho. Leur mission : soutenir la résistance chinoise par l’éducation, l’autonomie industrielle et la protection des enfants orphelins de guerre.
Résidence
troglodyte de Rewi Alley et George Hogg à Shuangshipu (aujourd'hui Fenxian),
province de Shaanxi. © site officiel de New Zealand China Friendship Society
En 1942, Hogg prend la direction de l’école Bailie à Shuangshipu, dans le comté de Feng (province du Shaanxi). Les conditions sont rudes : routes de montagne dangereuses, manque de fonds et pénurie de tout. Hogg parcourt régulièrement des kilomètres à vélo pour obtenir des aides, tout en adoptant quatre orphelins et en considérant tous les élèves comme ses propres enfants.
Il vit dans une humble grotte près de l’école, raccommode les vêtements de ses élèves l’hiver venu, partage ses maigres repas et enseigne l’anglais, la musique et le sport. On le voit souvent jouer au basket ou chanter avec ses garçons.
La parcourt plus de 1 000 km pour sauver des enfants
En 1944, alors que l’armée nationaliste menace d’enrôler les élèves, Hogg prend une décision audacieuse : conduire 60 garçons dans une marche périlleuse de 1 100 km vers Shandan (province du Gansu). Il y transforme d’anciens temples en salles de classe et ateliers, assurant nourriture, abris et formation pratique. « Nous élevons des élèves capables de conduire un tracteur et de lire Shakespeare », aimait-il dire.
Le 14 avril 2025,
l’exposition photographique commémorant le 110e anniversaire de la naissance de
George Hogg a été inaugurée à Lanzhou (Gansu). © CNS
Un destin brisé, une mémoire vivante
En juillet 1945, une simple blessure au pied que Hogg a contractée lors d’un match de basket s’infecte. Le tétanos s’installe. Deux élèves partent en moto chercher un antidote à Lanzhou, mais reviennent trop tard. Hogg s’éteint à 30 ans, alors que ses garçons lui chantent des chansons qu’il leur avait lui-même apprises.
Il repose à Shandan, sous une stèle gravée d’un vers qu’il affectionnait :
« La vie est couleur, chaleur et lumière, Un combat sans cesse pour cela. Et mort est celui qui refuse de se battre, Mais celui qui meurt en combattant s’accroît. »
Un mois plus tard, la guerre prend fin. Mais l’héritage de George Hogg perdure dans les vies qu’il a sauvées, l’école qu’il a bâtie et le souvenir d’un idéaliste qui a choisi l’action plutôt que l’indifférence.
Article traduit de l’anglais et initialement publié sur China Minutes.
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