Quand la coopération sino-africaine devient un levier des droits humains

1763372933319 China News Nuhu John Egya

La coopération de la Chine avec les pays africains en matière de réduction de la pauvreté est devenue un élément essentiel de la coopération Sud-Sud, impactant profondément le développement économique et la protection des droits humains.

La Chine a contribué à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté dans de nombreux pays africains grâce à des investissements dans les infrastructures, à la modernisation de l’agriculture et au renforcement des capacités industrielles.

Lors de la Conférence centrale sur la réduction de la pauvreté et le développement, tenue en novembre 2015, le président Xi Jinping a souligné : « Après 37 ans de réforme et d'ouverture, nous avons réussi à nous engager sur la voie de la réduction de la pauvreté et du développement aux caractéristiques chinoises, sortant plus de 700 millions de personnes rurales de la pauvreté et établissant des bases solides pour la construction d'une société modérément prospère à tous les égards. Dans le monde, la Chine est devenue le pays ayant sorti le plus grand nombre de personnes de la pauvreté, également le premier pays à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies. »

Ceci est une démonstration de l'engagement de la Chine à mettre l'accent sur les droits de l'homme, qui incluent les droits fondamentaux comme la réduction de la pauvreté. La coopération sino-africaine est devenue un atout majeur pour répondre aux questions de réduction de la pauvreté et de préservation des droits de l'homme en Afrique. La collaboration de la Chine avec l'Afrique en matière de réduction de la pauvreté adopte une approche multidimensionnelle qui englobe trois axes principaux : l'investissement économique, le développement des infrastructures et la modernisation de l'agriculture.

En matière d'investissement économique, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l'Afrique. Les entreprises chinoises ont créé des zones économiques spéciales (ZES) dans des pays comme l'Éthiopie, le Nigéria et la Zambie, favorisant ainsi l'industrialisation locale et la création d'emplois. Le Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), une plateforme essentielle pour coordonner ces efforts, a tenu un Forum à Pékin en 2024. À cette occasion, la Chine a exprimé sa volonté d'apporter un soutien financier de 360 milliards de yuans au cours des trois prochaines années.

En orientant ses investissements économiques vers des secteurs clés tels que l'industrie manufacturière, l'énergie et la technologie, la Chine aide les pays africains à créer des emplois et à améliorer les conditions de vie des populations. Ces investissements sont conformes aux Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies favorisant une croissance économique inclusive. Il s’agit notamment de l'Objectif n°1 qui consiste à « Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde » et de l'Objectif n°8 qui vise à « Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous ». L'Agenda 2063 de l'Union africaine reflète également ces mêmes objectifs et aspirations. Lorsque la croissance économique progresse, la pauvreté diminue, et les droits humains, tels que le droit au travail, à l’éducation et à un niveau de vie suffisant, se trouvent renforcés.

Le développement des infrastructures chinoises en Afrique contribue à combler de graves lacunes dans plusieurs secteurs dont ceux des transports, de l'énergie, des télécommunications. Des projets tels que le chemin de fer à écartement standard au Kenya, la ligne ferroviaire Addis-Abeba-Djibouti reliant l'Éthiopie à Djibouti, et le chemin de fer Lagos-Ibadan au Nigeria visent à améliorer la connectivité régionale et l'efficacité des échanges commerciaux. L'initiative « la Ceinture et la Route » a financé des réseaux de transport clés dans des pays africains comme le Kenya et l'Éthiopie, stimulant ainsi les échanges commerciaux et la circulation des personnes. Les routes, les chemins de fer, les ports et les infrastructures numériques relient les communautés marginalisées aux marchés, aux soins de santé et à l'éducation, brisant ainsi le cercle vicieux de la pauvreté. Dans le secteur de l'énergie, les entreprises chinoises ont mené à bien des projets tels que la centrale hydroélectrique de Caculo Cabaça en Angola et de nombreux parcs solaires en Afrique subsaharienne, contribuant ainsi à combler le déficit d'électricité du continent. Ces initiatives créent des emplois à court terme et stimulent le potentiel de croissance économique à long terme.

Le développement des infrastructures joue un rôle crucial dans la réduction de la pauvreté et la promotion des droits humains. Le droit à la dignité humaine inclut le droit pour tous les citoyens de disposer des ressources nécessaires pour mener une vie décente. Ainsi, l'article n°14 de la Constitution de la République fédérale du Nigéria (1999) stipule que la responsabilité première du gouvernement est d'assurer la sécurité et le bien-être de la population. Des infrastructures fiables soutiennent le droit au développement, un droit humain fondamental reconnu par les Nations Unies et l'Union africaine. Par conséquent, la participation de la Chine au développement des infrastructures en Afrique agit comme un catalyseur pour la pleine réalisation du droit à la dignité humaine.

Concernant la modernisation agricole, la Chine s'engage vis-à-vis de l’Afrique à promouvoir le transfert de technologie et la mécanisation afin de renforcer la sécurité alimentaire et d'améliorer les conditions de vie en milieu rural. Dans des pays comme le Mozambique et la Tanzanie, les programmes de coopération agricole sino-africaine ont déjà permis d'introduire des variétés de cultures à haut rendement, des technologies d'irrigation modernes et des installations de transformation des produits agricoles. Grâce à cette coopération, la modernisation agricole réalisée est susceptible d'améliorer les économies rurales et de réduire l'insécurité alimentaire qui sont des éléments clés pour le respect des droits humains et la réduction de la pauvreté.

L'Agenda 2063 de l'Union africaine propose une modernisation agricole en tirant parti des sciences et technologies, de l'innovation et des savoirs traditionnels. D'ici 2025, la houe sera obsolète et l'agriculture deviendra une industrie moderne, rentable et attractive pour les jeunes et les femmes africaines. De nombreuses initiatives chinoises, telles que la création de parcs industriels de produits agricoles et le transfert de technologies agricoles avancées en Afrique, ont déjà permis d'accroître la productivité agricole dans des pays comme la Zambie et le Mozambique.

En augmentant les rendements de l’agriculture et en renforçant la gestion de l'accès aux marchés, les petits exploitants peuvent parvenir à la stabilité économique et renforcer leurs droits à l'alimentation et à des moyens de subsistance, contribuant ainsi aux objectifs de l'Agenda 2063 de l'Union Africaine. Dans le même temps, des coentreprises sino-africaines des secteurs de la transformation des produits agricoles, des systèmes d'irrigation et du développement des semences, permettent aux petits exploitants de passer de l'agriculture de subsistance à l'agriculture commerciale, aidant ainsi des millions de personnes à sortir de la pauvreté. En intégrant la modernisation agricole à la sécurité alimentaire et à une répartition équitable des ressources, la coopération sino-africaine peut garantir le droit à l'alimentation et l'autodétermination économique des pays africains. Elle renforce ainsi les droits humains sur tout le continent.

La Chine adhère au principe de non-ingérence dans ses affaires intérieures. Dans un discours prononcé en mars 2013, le président Xi Jinping a déclaré que : « Tous les pays et tous les peuples doivent jouir d'une dignité commune » et « Seul celui qui porte une chaussure sait si elle lui convient.» En effet, seul le peuple d'un pays a son mot à dire sur la pertinence de sa voie de développement. C'est le fondement même de la coopération sino-africaine, compatible avec le développement durable et la protection des droits humains.

Grâce à cette coopération amicale sino-africaine, les pays africains peuvent non seulement tirer des avantages concrets de leur développement extérieur, mais aussi s'inspirer des principes et valeurs intrinsèques de la Chine. En s'appuyant sur l'expérience réussie de la Chine en matière de lutte contre la pauvreté, les pays africains peuvent autonomiser les groupes marginalisés, protéger et développer les droits économiques des populations et réduire les inégalités.

À l'avenir, l'intégration des principes de développement durable dans le partenariat sino-africain sera essentielle pour que les deux parties obtiennent des résultats positifs à long terme. Dans leur coopération, l'Afrique et la Chine doivent œuvrer de concert pour mettre l'accent sur l'équité sociale, la protection de l'environnement et les droits humains. Elles doivent faire de la coopération sino-africaine un modèle de développement inclusif et durable au bénéfice des générations présentes et futures.

Nohu John Egea est le président national du Comité des droits civiques du Barreau nigérian. Il a publié de nombreux ouvrages universitaires sur la protection constitutionnelle et le droit à la vie. Il a consacré de nombreuses années à la pratique du droit, à la protection des droits humains et à l'enseignement du droit, et s'implique depuis longtemps dans des activités sociales visant à promouvoir l’équité de la justice et la protection des droits humains au Nigéria.

Article traduit du chinois, initialement publié sur Chinanews.com.cn.


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