Mingxi, petite ville du sud de la Chine où prospère une grande variété d’oiseaux migrateurs
La question se pose de savoir ce qui attire les oiseaux migrateurs en ce lieu, ce qui les pousse à y « venir et revenir », faisant ainsi de ce lieu une halte importante pour la migration des oiseaux d’Asie orientale. Professeur à l'Université normale de Pékin et président de la section ornithologique de la Société zoologique chinoise, Zhang Zhengwang a donné une interview exclusive à China News dans laquelle il apporte une réponse détaillée.
Combien d'oiseaux ont été découverts à Mingxi jusqu'à présent ?
Selon la Station nationale de surveillance de la faune de Mingxi, le Canard morillon et le Pluvier oriental ont été observés pour la première fois dans la région. Tous deux sont des espèces d’oiseaux protégées en Chine ayant les « trois atouts », à savoir une valeur écologique, économique et scientifique. Animal protégé de premier rang national, la Cigogne orientale, également appelée Cigogne à bec noir, a également été une « invitée » de Mingxi.
Mingxi a acquis la réputation de « ville natale du Tragopan de Cabot chinois ». Cet animal protégé de premier rang national et connu sous le nom d’ « oiseau panda géant », est répertorié comme espèce vulnérable par l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) en raison de son taux de reproduction naturelle extrêmement faible et de son habitat en forte diminution. À l'heure actuelle, il existe 19 populations naturelles de Tragopan de Cabot à Mingxi, avec un total de plus de 400 individus, ce qui représente environ 10 % de la population totale dans le pays.
Selon les investigations et la surveillance de la réserve locale, jusqu'à présent, 327 espèces d'oiseaux sauvages ont été découvertes et répertoriées à Mingxi, parmi lesquelles on compte le Canard mandarin, l’aigle Serpentaire bacha, le Fauconnet noir et blanc, le Tragopan de Cabot, la Torquéole de Sonnerat, le Faisan d'Elliot et bien d’autres oiseaux rares.

Pourquoi Mingxi permet-il aux oiseaux migrateurs de « venir et revenir », devenant ainsi une étape importante pour la migration des oiseaux en Asie de l'Est ?
Mingxi est une zone typique dite « 80 % de montagnes, 10 % d’eau et 10 % de champs ». Ce territoire est entouré de montagnes dont les pics et les crêtes se chevauchent et dont le taux de couverture forestière atteint 81,49 %. Le climat y est doux, les précipitations sont abondantes, l'hiver est peu rigoureux, l'été y est faiblement chaud mais avec un ensoleillement suffisant. Cet environnement naturel de très grande qualité offre de bonnes conditions pour la croissance et la reproduction des animaux et des plantes.
Mingxi possède en particulier plusieurs écosystèmes tels que les zones forestières, arbustives, les zones humides et les terres agricoles, qui peuvent fournir d'excellentes conditions d'habitat et de riches ressources alimentaires pour divers types d'oiseaux migrateurs. Depuis longtemps, la population locale aime les oiseaux, le lieu est ainsi devenu un habitat important pour les oiseaux migrateurs en Asie de l'Est et un site majeur de reproduction des oiseaux migrateurs estivaux.
Chaque automne et chaque hiver, une grande quantité d'oiseaux migrateurs arrivent du nord pour s'arrêter ici, formant un grand nombre de groupes d'oiseaux. Certains y resteront pour hiverner, d’autres continueront à voler vers le sud de la Chine, l'Asie du Sud-Est, l’Océanie et d’autres régions plus chaudes après avoir reconstitué des réserves d’énergie suffisantes.
Quel type de route de migration est celle empruntée par les oiseaux d'Asie de l'Est-Australasie sur laquelle se trouve Mingxi ? Quelles sont les autres routes de migration d’oiseaux dans le monde ?
La voie de migration des oiseaux migrateurs d’Asie de l'Est-Australasie sur laquelle se trouve Mingxi est l'une des 9 principales routes de migration des oiseaux dans le monde. Elle part du sud depuis l'Australie et la Nouvelle-Zélande, se dirige au nord vers des régions de haute latitude telles que la Sibérie et l'Alaska en traversant 22 pays et régions, dont la Russie et la Chine. De nombreux oiseaux voyagent vers et depuis cette route de migration chaque année, et l’on compte plus de 210 espèces avec un total de plus de 50 millions d’individus.

Le monde compte 8 autres voies migratoires d’oiseaux en plus de ladite « Asie de l'Est-Australasie ». Ainsi, la voie dite « l'Atlantique » relie l'Europe occidentale, l'est de l'Amérique du Nord et l'enclave ouest-africaine, la « Mer noire /Mer Méditerranée » relie l'Europe de l'Est et l'Afrique de l'Ouest, la « Asie de l'Ouest-Afrique de l'Est » traverse l'océan Indien pour relier l'Asie de l'Ouest et l'Afrique de l'Est.
Celle d’« Asie centrale » traverse quant à elle tout le continent asiatique depuis le sud vers le nord. De son côté, la voie « Amérique-Mississippi » traverse la zone centrale et occidentale de l'Amérique du Sud et de l’Amérique du Nord. La ligne « Amérique-Atlantique » relie toute la partie orientale de l'Amérique du Sud et de l'Amérique du Nord, et enfin la voie du Pacifique occidental.
Peu de pays au monde sont impliqués dans autant de routes migratoires, en effet parmi les 9 principales routes migratoires des oiseaux dans le monde, 4 impliquent la Chine d'est en ouest. Il s'agit des voies de migration du Pacifique occidental, d’Asie de l'Est-Australasie, d'Asie centrale et d’Asie de l'Ouest-Afrique de l'Est. Ceci montre que par son vaste territoire, la Chine est un lieu d’importance vis-à-vis des oiseaux migrateurs, tant pour leur migration et que pour leur habitat. La protection des oiseaux en Chine est étroitement liée à la sécurité écologique des oiseaux migrateurs du monde entier.

Qu'a fait la Chine dans le domaine de la protection des oiseaux ?
La Chine attache une grande importance à la protection des oiseaux, elle compte par ailleurs de nombreuses espèces d'oiseaux rares pour lesquels le gouvernement chinois a publié une série de lois et de règlements pour protéger leur habitat et leur cadre de vie. Dans le même temps, la Chine a réalisé de nombreux projets de protection des oiseaux. Il s’agit notamment de la construction de réserves naturelles telles que celle de Zhalong dans la province du Heilongjiang, la montagne Laojun dans le Sichuan et celle de Junzifeng dans le Fujian dont les oiseaux rares sont d’importants objets de protection. Il s’agit également du lancement d'un grand projet de restauration des habitats de la faune sauvage, la répression du braconnage illégal des ressources ornithologiques et la recherche scientifique sur la reconstitution des populations d'oiseaux menacées d'extinction.
Après un travail acharné, la population de certains oiseaux rares en Chine a été rétablie et a même été augmentée. Par exemple, l'Ibis nippon est passé de 7 individus en 1981 à plus de 7 000 aujourd'hui alors que la population de la Cigogne orientale est passée de 3 000 il y a 30 ans à près de 10 000. Le nombre de Grues à col noir est passé de 5 000 à plus de 15 000 aujourd'hui. Ceux-ci sont devenus des cas réussis de protection des oiseaux dans le monde et ont fourni l'expérience chinoise pour la protection de la diversité mondiale des oiseaux. Ces cas sont devenus des exemples de réussite en matière de conservation des oiseaux dans le monde, offrant à la Chine une expérience en matière de conservation de la diversité des oiseaux à l'échelle mondiale.
Article traduit du chinois, initialement publié sur Chinanews.com.cn.
Photo du haut : Unsplash
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