Programme de résidences artistiques de Guyan Huaxiang : la pratique du dialogue culturel sino-français à Liandu

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À l'occasion de la visite d'État du président français en Chine, les échanges culturels entre la Chine et la France redeviennent un chapitre majeur des relations bilatérales. Dans le district de Liandu, à Lishui (province du Zhejiang), le site de Guyan Huaxiang (le « Village des Peintres de Guyan ») ne se contente pas de bâtir un pont de dialogue entre les civilisations grâce àson programme de résidences artistiques : par l'approfondissement constant de la coopération sino-française, il insuffle également une forte dynamique àla création d'une station touristique nationale de premier plan, permettant àcette ancienne citémillénaire de rayonner dans le dialogue international.


Guyan Huaxiang s'est rendu en France pour une exposition.

Des paysages inspirants, un lien naturel avec Barbizon

Au cœur des paysages de Guyan Huaxiang se cache une résonance profonde entre l'art chinois et l'art occidental. En français, Fontainebleau signifie « la belle fontaine » ; de la même manière, Guyan Huaxiang à Lishui est réputé pour la beautéde ses montagnes et de ses eaux. Le site abrite le barrage de Tongji, vieux de plus de 1 500 ans, ainsi que les paysages naturels et l'héritage culturel des deux rives de l'Oujing.

 Exposition sur l'Ecole de Barbizon.

Dès les années 1980, de nombreux peintres chinois y sont venus « apprendre de la nature et peindre sur le motif », donnant naissance àune école de peinture à l'huile connue sous le nom de « Barbizon de Lishui ». Son esprit artistique —retour àla nature et recherche de la vérité—fait écho, à des milliers de kilomètres de distance, à celui de l'école de Barbizon en France. Le développement continu des échanges sino-français a ainsi ouvert àcette terre d'art une véritable « fenêtre sur le monde ».

Rémy Aron, président de l'Association des artistes français (sixième à partir de la gauche), a assisté à la cérémonie de lancement de la Conférence nationale chinoise de peinture (2016).

Une coopération qui se prolonge et s'approfondit

Des échanges ponctuels àune collaboration pérenne, le lien artistique sino-français n'a cesséde se renforcer. En mai 2015, pour la première fois, des œuvres de peinture à l'huile de l'école de Barbizon de Lishui ont étéexposées à Barbizon, en France. Cette rencontre artistique, traversant plus d'un siècle d'histoire, a conduit à l'établissement de relations de villes jumelées entre les deux territoires.

Rémy Aron, président de l'Association des artistes français.

En novembre 2016, la Conférence nationale chinoise de peinture sur le motif s'est tenue à Guyan Huaxiang ; le président de l'Association des artistes français, Rémy Aron, son épouse, ainsi que Marie, arrière-petite-fille de Cézanne, et d'autres figures internationales de l'art y ont participé, faisant du village un haut lieu de l’échange artistique international.

En septembre 2018, àla demande du ministère chinois de la Culture, Guyan Huaxiang est devenu le premier « bourg caractéristique » à être présenté à l'étranger, avec une exposition au Centre culturel chinois de Paris mettant en valeur son art et son folklore, et diffusant la vitalitéculturelle des campagnes chinoises au cœur de l'Europe. En septembre 2025, le programme de recrutement des « Partenaires artistiques mondiaux » de Guyan Huaxiang a été officiellement lancé à Paris, marquant une évolution des échanges sino-français, passant de la simple compréhension culturelle à une intégration culturelle et industrielle.

La résidence artistique : une coopération vivante

Le programme de résidences artistiques de Guyan Huaxiang a débutéen 2024. Chaque année, des artistes chinois et étrangers sont invités à y vivre et créer. À ce jour, 81 artistes nationaux et internationaux ont déjàmenéàbien leur résidence, couvrant de nombreux domaines artistiques.

L'artiste français Alexandre Leray.

Récemment, le séjour de l'artiste français Alexandre Leray est venu illustrer de façon concrète l'esprit de ce programme. Durant sa résidence, il a animédes ateliers artistiques gratuits dans les écoles locales, proposant une pédagogie interactive et inspirante, afin d'encourager les enfants àlibérer leur créativité.

L'artiste français Alexandre Leray.

L'artiste français Alexandre Leray.

« Cette fois-ci, j'ai choisi de travailler avec les enfants, explique-t-il. Je voulais ressentir leur énergie unique et saisir leur mouvement naturel, pour conserver sur la toile leur innocence et leur vitalité. » Il ajoute : « À mes yeux, l'âme véritable de Guyan Huaxiang ne réside ni dans la rivière ni dans les montagnes, mais dans l'expérience vécue par les enfants, dans les émotions qu'ils souhaitent exprimer et dans la sincéritéqui transparaît dans leurs dessins. »

L'artiste français Alexandre Leray.

Ces cours ont dépasséla simple transmission de techniques : ils sont devenus un voyage d’expression émotionnelle et d'éveil esthétique. Les couleurs et les lignes tracées par les enfants témoignent à la fois de leur regard candide sur leur village natal et de la libertéde leur monde intérieur.

Un nouvel élan pour un développement partagé

La profondeur des échanges culturels sino-français constitue un soutien essentiel àla création de la station touristique nationale de Guyan Huaxiang. En tant que première station touristique chinoise placée sous le signe de l'art, pensée comme un espace d'apprentissage et de croissance, Guyan Huaxiang suit la voie du « passage du barrage à la peinture, de la peinture à l'art, et de l'art à l'esthétique ».

En intégrant durablement des ressources artistiques internationales àson patrimoine local, le site renforce l'identitéet le rayonnement de sa marque culturelle. Des coopérations entre villes jumelées aux expositions internationales, des résidences d’artistes au programme des « Partenaires artistiques mondiaux », l'ensemble de ces initiatives a permis d’améliorer les services culturels et l'accueil international, tout en favorisant la montée en gamme des gîtes, des bases de peinture sur le motif et des espaces d'exposition.

Aujourd'hui, la station touristique de Guyan Huaxiang, portée par l'art, a développé des hôtels et des ensembles de résidences artistiques haut de gamme —tels que Junlan et Wyndham —autour des thèmes « peinture à l'huile, photographie et esthétique de la dynastie Song ». Elle compte également cinq espaces artistiques, dont un centre d'art, et a attiréplus de 300 établissements d'enseignement artistique, parmi lesquels l'Académie centrale des beaux-arts, qui y ont créédes bases de pratique. Chaque année, plus de 150 000 étudiants viennent y peindre sur le motif, apportant une vitalité culturelle et une dynamique de consommation durables.

« Les échanges culturels ressemblent aux eaux du barrage ancien : c'est dans la durée qu'ils irriguent les deux rives. » Selon le responsable du programme de résidences de Guyan Huaxiang, le projet continuera à approfondir la coopération artistique sino-française, à perfectionner le dispositif de résidences et à élargir les canaux d'échange, afin que davantage d'artistes internationaux y trouvent leur inspiration et que la culture rurale et les ressources touristiques de Guyan Huaxiang rayonnent à une échelle toujours plus large. Sous le regard du barrage millénaire, le dialogue sino-français nourrit ainsi la création d'une station touristique nationale et écrit un nouveau chapitre de rencontres culturelles et de développement de qualité.

(Auteurs : Jiang Yong, Wu Qian, Liu Yux)

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