La Cité interdite a 100 ans : Pékin ouvre le secret du Jardin de Qianlong

1760430565422 China Minutes Wang Chen

Pékin célèbre un siècle de patrimoine et d’innovation au Musée du Palais, entre restauration impériale et révolution numérique.

Sous les toits dorés et les murs vermillon de la Cité interdite, le temps semble suspendu. Pourtant, derrière ses murailles, la modernité s’invite. Le 10 octobre 2025, le Musée du Palais de Pékin — plus connu sous le nom de Cité interdite — célèbre son centenaire, marquant cent ans d’efforts pour préserver, transmettre et réinventer l’héritage impérial chinois.

Coucher de soleil d'automne sur une tour d'angle du musée du palais

De palais impérial à musée du peuple

Le 10 octobre 1925, les portes du « Gugong » (littéralement « ancien palais ») s’ouvraient au public pour la première fois. L’ancienne résidence des empereurs Ming et Qing devenait un musée national, symbole d’une Chine nouvelle décidée à faire du patrimoine un bien commun.
Une vaste campagne d’inventaire permit alors de recenser plus d’un million d’objets, posant les bases d’une collection aujourd’hui forte de 1,95 million de pièces — peintures, bronzes, porcelaines, calligraphies et trésors impériaux.

Pour célébrer son centenaire, le musée présente une exposition exceptionnelle, Un siècle de préservation : de la Cité interdite au Musée du Palais, rassemblant 200 pièces majeures illustrant un siècle de découvertes, de restaurations et de retours.
Parmi elles, des chefs-d’œuvre tels que Les Cinq Bœufs, plus ancien tableau chinois sur papier, ou La Rivière au temps de Qingming, l’un des rouleaux les plus célèbres de l’histoire de l’art chinois.

Visiteurs devant la Salle de l'harmonie suprême au musée du palais, le 1er octobre 2025

Le Jardin de Qianlong, joyau longtemps caché, s’ouvre au public

Le Jardin de Qianlong

Moment fort du centenaire : l’ouverture au public du Jardin de Qianlong, également appelé Palais de la Longévité Tranquille (Ningshougong).

Conçu au XVIIIᵉ siècle par l’empereur Qianlong comme un refuge spirituel, ce jardin secret de 160 mètres de long et 40 mètres de large se compose de quatre cours intérieures, pavillons, rocailles et pins anciens.Sous ses toits aux tuiles jaunes, vertes et violettes, les visiteurs découvrent des fresques de style Suzhou et une décoration luxueuse mêlant influences chinoises et occidentales : verre importé d’Angleterre, laques japonaises, pigments européens comme le bleu de Prusse.

Restauré avec l’aide d’experts internationaux, le jardin est aujourd’hui considéré comme l’un des ensembles impériaux les mieux préservés au monde.

Maquette de l'architecture du jardin de Qianlong

Une ouverture sur le monde et l’ère numérique

En 1925, seule une poignée de salles étaient accessibles. Aujourd’hui, 80 % de la Cité interdite est ouverte au public, dont le Palais de la Longévité et de la Bonne Santé, le Palais de la Compassion et de la Tranquillité, ou encore les remparts récemment restaurés.

Et l’avenir s’annonce tout aussi prometteur : la nouvelle antenne nord du musée, dotée de 12 salles d’exposition, ouvrira en 2026.

Le musée se réinvente aussi à l’ère du numérique. Son projet de jumeau virtuel, Forbidden City Digital Twin, recrée en 3D neuf zones du palais, permettant aux visiteurs d’explorer à distance ses pavillons, ses jeux de lumière et ses saisons changeantes. Parallèlement, plus d’un million d’artefacts ont été numérisés, et une base en ligne offre déjà plus de 100 000 images en haute définition.

En mai, l'« Expérience numérique immersive du musée du Palais » a ouvert ses portes au musée du Palais de Hong Kong

« La technologie nous permet d’unir préservation et ouverture », explique Zhu Hongwen, directeur adjoint du musée. « Les visiteurs ne se contentent plus de voir les trésors — ils peuvent désormais entrer dans leur histoire. »

D’un symbole impérial fermé sur lui-même, la Cité interdite est devenue l’un des musées les plus visités au monde, accueillant chaque année plus de dix millions de visiteurs.
Un siècle après son ouverture, elle poursuit une double mission : protéger le passé et inspirer l’avenir.

Entre tradition et innovation, le Musée du Palais continue d’écrire, jour après jour, l’histoire vivante de la Chine.

Article traduit et adapté de l’anglais et initialement publié sur China Minutes.

Photos : CNS

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