Shein prépare son introduction en bourse, son fondateur sort de l’ombre
Xu Yangtian, le fondateur très discret de Shein, a fait sa toute première apparition publique officielle. Une prise de parole rare et stratégique, au moment où le géant de la fast-fashion intensifie les préparatifs de son introduction en Bourse (IPO) à Hongkong.
Il est l’un des PDG les plus mystérieux de Chine. On ne trouve pas de photos officielles de lui, au point qu’on lui prête souvent les traits d’un autre. Sur Internet ou dans les médias, les informations sur son parcours se comptent également sur les doigts : né en 1984 à Zibo, dans la province du Shandong, Xu Yangtian a débuté dans l’e-commerce à Nankin avant de créer et de faire décoller Shein au Guangdong, dans le sud de la Chine. Mais ce 24 février, il a décidé de sortir de l’ombre pour prononcer un discours en tant que représentant du monde entrepreneurial lors d’une conférence organisée par les autorités provinciales du Guangdong.
Costume noir et cravate rouge, le quadragénaire tient à retracer l’histoire du développement de Shein dans la province : implantée à Guangzhou depuis 2014, l’entreprise connaît une croissance rapide et ses exportations ont dépassé 100 milliards de yuans en 2025. Elle prévoit d’investir plus de 10 milliards de yuans dans le Guangdong au cours des trois prochaines années afin de développer une chaîne d’approvisionnement intelligente. Aujourd’hui, Shein est présente dans plus de 160 pays et régions et figure parmi les trois plus grands détaillants de mode au monde. Selon le Hurun Research Institute, elle se classe neuvième mondiale dans la « Liste des licornes 2025 », avec une valorisation de 365 milliards de yuans.
Élogieux à l’égard de la politique volontariste du gouvernement local, Xu Yangtian a partagé trois points clés du succès de Shein. Pour lui, le Guangdong constitue un véritable terreau de croissance : son écosystème industriel et son environnement des affaires ont permis à l’entreprise de développer son modèle « petite commande, grande réactivité », avec près de 10 000 fournisseurs et plus de 600 000 emplois locaux. La fusion entre industrie et services est également non négligeable, car Shein intègre digitalisation, commerce transfrontalier et réseau mondial de services afin d’optimiser la production et l’expansion internationale. Xu n’a pas manqué de souligner la responsabilité sociale et le soutien local, affirmant que l’entreprise participera aux initiatives d’e-commerce et aux pôles industriels pour accompagner la transformation numérique du secteur manufacturier et former des talents pour la Grande Baie.
Accusée de commercialiser des produits illicites et de concurrence déloyale en France, la plateforme d’ultra fast-fashion traverse une zone de turbulences : taxation des petits colis en Europe et explosion des droits de douane aux États-Unis. Lors de son internationalisation, Shein, dont le siège social est basé à Singapour, n’a jamais revendiqué ses origines chinoises - Donald Tang, président exécutif de Shein, a même déclaré en mai 2024 que l’entreprise serait fière de devenir américaine. Mais cette fois-ci, Xu Yangtian assume ses origines, tout en soulignant que les racines de son entreprise se trouvent bel et bien dans le Guangdong.
Selon les médias chinois, après l’échec des introductions en Bourse à New York et à Londre, Shein aurait soumis en juillet 2025 une demande d’introduction à la Bourse de Hong Kong et chercherait à obtenir l’approbation de la Commission chinoise des valeurs mobilières.
Photo : Dr.
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