Et si tout le monde pouvait réaliser son propre film ? En Chine, les studios de fiction courte s'ouvrent au public
Le principe est simple : tout le monde a une histoire à raconter.
Quand le public passe derrière la caméra
Lancée en 2026 par la base de production Zuiku, dans le district de Chaoyang, cette initiative permet à des amateurs de participer à la création d'une fiction courte. Quatre sessions ont déjà été organisées, attirant notamment des femmes retraitées passionnées depuis longtemps par les arts.
Pour certains participants, il s'agit de vivre l'expérience d'un tournage. Pour d'autres, le projet permet de revisiter un souvenir ou un moment important de leur existence.
Une participante, qui n'avait jamais pu célébrer son mariage en raison des circonstances de l'époque, a ainsi pu transformer cette histoire personnelle en fiction et la mettre en images.
Pour les responsables de Zuiku, cette initiative représente une nouvelle forme de culture populaire, où la frontière entre spectateur, acteur et créateur devient de plus en plus floue.
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Une « ville de cinéma sans murs »
Le projet s'appuie sur un concept original. Plutôt que de construire d'immenses studios et des décors permanents, Zuiku utilise des lieux existants. Plus de 200 sites réels, répartis dans un rayon d'environ 31 km² autour de Cuigezhuang, ont été recensés et intégrés à une base de données accessible pour les tournages.
À l'intérieur d’un ancien entrepôt, les espaces sont également modulables : une chambre d'hôpital, un bureau, une salle d'interrogatoire ou un appartement modeste peuvent être rapidement transformés grâce à quelques accessoires.
Cette flexibilité correspond particulièrement bien aux fictions courtes tournées au format vertical, qui privilégient les plans rapprochés. Ici, un simple coin de pièce peut suffire à créer tout un univers.
Une expérience immersive pour apprendre et créer
Zuiku a également développé des cours de théâtre directement dans les décors. Au lieu de répéter dans une salle, les participants peuvent travailler leur jeu dans une chambre, un salon ou une salle d'hôpital.
L'objectif est de faire de l'espace lui-même un outil d'apprentissage et de permettre aux apprentis comédiens de passer rapidement de la formation à la pratique.
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Cette ouverture au public intervient alors que l'industrie chinoise de la fiction courte traverse une période de profondes transformations. Depuis le début de l'année 2026, les progrès rapides de l'intelligence artificielle ont contribué au ralentissement des productions en prises de vues réelles.
Pour les responsables de Zuiku, cependant, l'IA ne signifie pas la disparition des acteurs ou des tournages traditionnels. Les deux approches pourraient au contraire finir par se compléter.
Face à l'IA, remettre l'humain au centre
La base explore également de nouveaux marchés internationaux et adapte ses productions aux différentes attentes des publics étrangers. Mais pour ses responsables, l'un des principaux atouts du secteur chinois reste la capacité à raconter des histoires locales et humaines.
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Alors que l'intelligence artificielle bouleverse la création d'images, Zuiku fait ainsi un pari différent : ouvrir davantage les plateaux et permettre au public de devenir lui-même créateur.
Et si l'avenir du cinéma passait aussi par cette idée simple : chacun peut raconter sa propre histoire et, pourquoi pas, en faire un film ?
Pour aller plus loin : [Internet du Milieu] Fang Taozi, l’« actrice IA » qui bouscule l’industrie du divertissement chinois
Photo du haut : DR.
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